De passage sur cette page? Elle est rénovée, mieux reconstruite, mais toujours fidèle à son but principal - que vive le Tibet.
A côté d’autres sites, celui-ci s’efforce de répercuter des informations afin de faire entendre la voix d’un peuple bâillonné, de nourrir la réflexion sur, autour et avec cette haute terre qui a tant fait rêver.
Il est tentant de succomber à son charme, sans jamais oublier cependant que son peuple et sa civilisation sont menacés, et que son avenir nous concerne tous.
Un témoignage personnel, certes, parce que dans le monde d’aujourd’hui, il importe de résister, de ne pas être complice et de maintenir la flamme, mais aussi d’être politiquement incorrect.
Des faits, des idées, des mots qui pas à pas tracent le chemin.
LE DALAÏ-LAMA EVOQUE CLAUDE LEVENSON À BODHGAYA
Le Dalaï-Lama a rendu hommage à Claude Levenson lors du 32e Kalachakra qui s'est tenu du 31 décembre 2011 au 10 janvier 2012, à Bodhgaya, ce haut lieu du bouddhisme dans l'Etat du Bihar, en Inde. Le 6 janvier à l'aube, le chef spirituel tibétain s'est déplacé au Mahabodhi Mahavihar (grand temple), dont les abords avaient été envahis par des dizaines de milliers de pèlerins, qui s'étaient précipités dans le parc dès l'ouverture des portes à 4 heures du matin. C'est dans le cadre de cette cérémonie d'initiation du Kalachakra que Sa Sainteté a béni les cendres de Claude et en a dispersé une poignée au pied de l'arbre où le bouddha historique a atteint l'éveil.
En recevant le mari de cet indéfectible soutien de la cause tibétaine à l'issue de son enseignement, qu'il avait repris en début d'après-midi sous l'immense tente de la place réservée au Kalachakra, Tenzin Gyatso a indiqué qu'il avait évoqué la mémoire de Claude au cours de sa méditation matinale. Pour lui, c'était "une amie proche et authentique". Il s'est souvenu de sa forte personnalité, de son engagement constant pour le bouddhisme et le Tibet. Il a aussi retenu son sourire, son détachement et son bon coeur.
Avant de prendre congé de son hôte, le Dalaï-Lama a encore pris le temps de regarder quelques photos d'une cérémonie du souvenir qui s'était tenue en septembre 2011 sur les rives du lac Manasarovar, près du Mont Kaïlash au Tibet. Il a trouvé que c'était une heureuse initiative et a vu un signe auspicieux dans l'arc-en-ciel qui est apparu juste après. "Ainsi, a-t-il dit, il y aura Claude à Bodhgaya où est né le bouddhisme et au Tibet qu'elle a tant aimé.
Le Dalaï-Lama et Sakya Rinpoché sortant du Mahabodhi Mahavihar peu après l'hommage à Claude Levenson
DR
Le Dalaï-Lama en compagnie du mari de Claude Levenson le 6 janvier 2012 à Bodhgaya
©MIchael Buckley
Cérémonie au bord du lac Manasarovar en septembre 2011
©Jacqueline Meier
Arc-en-ciel sur le Manasarovar, le 6 septembre 2011
©Jacqueline Meier
HOMMAGES A CLAUDE B. LEVENSON
Après Lausanne, Genève, Bangkok, le Théâtre du Soleil à Vincennes, Les Houches et le Mont Ventoux, un nouvel hommage a été rendu à Claude B. Levenson, le 19 décembre 2011 à 19h00 à la Mairie du 11e arrondissement à Paris.
» images
À cette occasion ont notamment été présentés:
- Un extrait de l'émission "Apostrophes" du 21 avril 1989, à laquelle Claude avait participé avec le Dalaï-Lama
- "From Nomad to Nobody", un documentaire d'actualité de 15 minutes de l'auteur canadien Michael Buckley sur la sédentarisation forcé des nomades au Tibet, diffusé en avant-première.
» affiche » flyer
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Un hommage à Claude B. Levenson a été rendu
le jeudi 3 mars à 19 heures au Théâtre de Vidy à Lausanne.
Puis le vendredi 4 mars à Genève.
» Hommage à Genève
Le Monde
» l'article
24 Heures de Lausanne
» l'article
Buddha Channel
» l'article
Jean Verneuil
» l'article
Claude B. Levenson, journaliste engagée
Par Arnaud Vaulerin, Journaliste à Libération
C’est la voix d’une femme de lettres militante qui s’est tue mardi matin en Suisse.
Claude B. Levenson est décédée à 72 ans des suites d’un cancer. Ecrivaine et journaliste, elle avait «choisi l’arme de la parole et de l’écrit pour soutenir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes face à l’oppression dictatoriale ou coloniale, en particulier du Tibet».
Car elle était «une amie de longue date du Tibet et des Tibétains»,de l’aveu même du dalaï-lama qu’elle suivait depuis plus de vingt-cinq ans.
«Elle était tombée en passion pour cet homme et cette région, se souvient son amie, la sinologue Marie Holzman. Elle était très consciente des risques de mort de la culture tibétaine à cause des agissements des autorités chinoises.»
C’est en 1984 qu’elle se rend pour la première fois au Tibet. Elle y séjournera très souvent jusqu’à ce que son visa et celui de son mari, le journaliste Jean-Claude Buhrer, soient refusés en 2005 par Pékin.
Dans ce qui restera probablement l’un de ses livres les plus clairvoyants, Tibet, la question qui dérange (Albin Michel, 2008), Claude B. Levenson posait les enjeux sans détour : «La question du Tibet est de nature essentiellement politique. C’est une question de domination coloniale : l’oppression du Tibet par la République populaire de Chine et la résistance du peuple tibétain.» Elle contrecarrait la propagande de Pékin : «Reconnaître l’intégrité territoriale de l’Etat chinois ne signifie pas reconnaître la légitimité de l’invasion ni de l’occupation du Tibet.»
Insoumise par nature, y compris à toute forme de religiosité bigote, elle était «devenue philosophiquement bouddhiste», rappelle Philippe Picquier, l’un de ses éditeurs qui dresse le portrait d’une auteure «très exigeante et très pudique», refusant tout prosélytisme.
Chez Picquier, elle avait signé un livre sur la rencontre de Aung San Suu Kyi avec Jean-Claude Buhrer. Militante mais pas dupe sur l’opposante birmane et son image d’idole, elle évoquait dans ces colonnes «une personnalité très dure» qui «a trop voulu croire qu’il suffisait d’exiger la démocratie pour régler les problèmes. C’est un peu court comme programme, surtout quand il s’agit d’envisager l’après-situation militaire».
Claude B. Levenson appartenait à ces auteurs dont le voyage nourrit l’écriture. Ses amis se souviennent des mails et des mots reçus du Sri Lanka, d’Indonésie, du Cambodge, du Népal, etc. qui préfiguraient des livres, des reportages pour le Monde, le Nouvel Observateur, Géo, des commentaires politiques pour Libération ou la Radio suisse internationale.
Avant d’épouser l’Asie, elle avait vécu plusieurs années en Amérique latine et suivi les événements en Argentine dans les années 80.
Elle s’était liée d’amitié avec l’écrivain et diplomate mexicain Octavio Paz. Slavisante et orientaliste, Claude B. Levenson parlait bien une douzaine de langues apprises à l’école publique, au lycée Victor-Duruy à Paris et surtout à Moscou. C’est là, à l’université Lomonossov, où elle avait étudié le russe, la linguistique, la philosophie, l’Inde et ses religions, qu’avait débuté la carrière d’une passionnée. Qui n’était pas une pasionaria.